L’Alsace est la région de France où la viticulture bio est la plus importante en proportion: plus de 10% des surfaces y sont certifiées, quand la moyenne française, en 2009, était de 4,6%, d’après l’Agence BIO.
Le reste du vignoble a aussi évolué: les sols décapés par les herbicides et pesticides ont laissé la place à des vignes « enherbées », accueillant liserons, coquelicots et pissenlits. Cette technique permet de vivifier la terre en y faisant revenir les insectes et vers de terre, et de revigorer la vigne placée en concurrence avec d’autres végétaux. Une part importante des viticulteurs s’est par ailleurs convertie au « raisonné », et limite l’apport d’intrants au strict minimum. « On traite, mais on ne maltraite pas. C’est de la phytopharmacie. On fait attention à la météo, on privilégie la prévention », explique André Pfister, pionnier à Dahlenheim (Bas-Rhin) de ces pratiques durables.
Directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA), Jean-Louis Vézien estime à 70% la part du vignoble enherbé, et à 30% celle du raisonné, tandis que la part du bio pourrait rapidement grimper à 15%. « Nous évoluons vers un autre système viticole (…). Cette préoccupation de durabilité est une priorité », affirme-t-il.
Ainsi, si de « grands noms du vignoble » comme Deiss, Zind Humbrecht ou Muré sont passés au bio à la fin des années 1990, c’est parce qu’ils voulaient « trouver le moyen d’exprimer le terroir » dans le cadre d’une « recherche de qualité », affirme Frédéric Schwaerzler, conseiller à la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin. La mise en place de méthodes plus respectueuses de l’environnement et de la vigne a été favorisée en Alsace par des facteurs d’ordre culturel -la proximité avec l’Allemagne et la Suisse a joué- mais aussi, plus prosaïquement, par la géographie: le climat sec et chaud l’été est moins propice aux maladies que dans d’autres régions, les sols argileux sont plus favorables à l’enherbement que les granitiques, expliquent les experts.
Reste que le vignoble alsacien exploite peu son avance, commercialement ou en terme d’image, selon Mélanie Pfister qui regrette »L’image de l’Alsace ça n’est toujours pas ça. On n’arrive pas à valoriser nos vins comme il faudrait »






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